La Bretagne est une région de cyclisme, ce n’est plus un secret pour personne. Elle possède des champions
illustres, un public fervent et des courses renommées. Parmi celles-ci, le Grand Prix de Plumelec, au cœur du Morbihan. Un temps nommée « A Travers le Morbihan », l’épreuve, inscrite au
calendrier de la Coupe de France, a retrouvé son appellation d’origine en 2006. C’est principalement la côte de Cadoudal, cette rampe de 1400m à 6,5% de moyenne, juge de paix du Grand Prix, qui
fait sa réputation depuis des années.
On se souvient que l’Espagnol Alejandro Valverde avait enlevé ici la première étape du Tour de France en juillet dernier. Aujourd’hui, les lieux sont plus clairsemés, quoique les spectateurs
étaient encore nombreux au bord des routes pour cette édition 2009, les barrières moins nombreuses dans la montée finale et le plateau un peu moins prestigieux. Le plateau justement réunit 14
formations, Landbouwkrediet, Katyusha Continental, Carmiooro A-Style, Team Differdange et l’Equipe de France amateur aux côtés des formations françaises, comme le veut la coutume de la Coupe de
France.
La journée est chaude, un brin rafraîchie par le vent très présent sur les hauteurs de Plumelec.
Après une dizaine de kilomètres, 16 coureurs prennent la poudre d’escampette. Il y a là Pierre Rolland (Bbox Bouygues Télécom), Blel Kadri (AG2R), Guillaume Blot (Cofidis), Arnaud Gérard, Jérémy
Roy (Française des Jeux), Brice Feillu (Agritubel), Jonathan Bertrand (Landbouwkrediet), Mikhail Antonov (Katyusha), Lilian Jégou, Cyrille Monnerais (Bretagne-Schuller), Eric Berthou (Carmiooro),
Cyril Bessy, Jérémie Galland, Jean-Marc Marino (Besson Chaussures), Cyrille Heymans (Differdange) et Anthony Delaplace (France). Le scénario semble habituel pour un GP de Plumelec. Un large
groupe sort de bonne heure et la grande explication devrait se passer sur les circuits finaux (de 13,9 et 7,7km à couvrir 6 fois chacun). Les échappés matinaux sont-ils des
« éclaireurs » ou jouent-ils véritablement la gagne ? La suite des événements va nous permettre d’avoir une idée sur le sujet.
Deux équipes n’ont aucun représentant en tête. Il s’agit des deux « Continentales » Auber 93 et Roubaix Lille-Métropole. Du coup, leurs coureurs travaillent main dans la main en tête de
peloton. Et ça paie ! Dans les premières grandes boucles, l’écart fond, passant de 5 minutes (le maximum en faveur des 16 échappés) à 4, 3, 2, etc…
La course s’anime à l’abord des 6 derniers tours, soit à environ 42 kilomètres de l’arrivée. Là, 6 hommes attaquent : Gérard, Roy, Kadri, Jégou, Marino et Galland. Peu de temps avant,
Guillaume Blot avait été décramponné suite à des incidents mécaniques. A peine l’information transmise par oreillette, les sept équipiers du Breton de chez Cofidis prennent les commandes du
peloton. Il reste encore quelques belles cartes à jouer pour Alain Deloeuil, comme Maryan Hary ou Rémi Pauriol. Il s’avérera que la formation nordiste roulera en vain, ne réussissant pas à
replacer un homme à l’avant pour jouer la gagne.
Le club des 6 poursuit ses efforts en tête tandis que « l’épouvantail » Cadoudal se dresse dorénavant plus souvent face aux coureurs. A l’amorce du dernier tour (encore 7km), Cyril
Gautier (Bbox Bouygues Télécom) jaillit du peloton amaigri et entraîne Mickaël Larpe (Roubaix) dans sa roue. Le duo comble les 30 secondes qui les séparent de la tête de course qui ne compte plus
que Galland, Kadri, Jégou et Gérard. On s’attend à une ultime tentative dans la dernière ascension mais il n’en est rien. Les 6 se présentent groupés dans la dernière ligne droite en faux-plat où
Jérémie Galland règle le sprint devant Larpe et Kadri.
Grande journée pour la formation Besson Chaussures-Sojasun de Stéphane Heulot puisqu’elle enlève également la 2ème étape du Tour de Gironde grâce à Jimmy Casper. Ce sont ses 15 et 16èmes bouquets
de la saison.
Réactions
(Propos recueillis par Ronan
Strullu)
Jérémie Galland (le vainqueur) :
« C’est une victoire d’équipe. Quand un coureur est bien un jour, les autres font tout ce qu’il faut pour l’amener à la victoire. Aujourd’hui c’était mon tour. Plumelec est une course
piégeuse, où il est difficile de se cacher derrière. On avait pour consigne de « sauter dans les coups » à plusieurs et c’est ce qu’on a fait.
Cyril Gautier a fait toute la dernière montée en tête et a lancé le sprint aux 200m. J’étais 3è à ce moment-là. Aux 100m, j’étais passé devant malgré le vent qui venait de la gauche, là où
j’étais placé sur la route. Larpe revient dans les derniers mètres mais j’avais encore assez de force pour le devancer sur la ligne. C’est bien on fait le doublé à Plumelec cette année puisque
Fabrice Jeandesboz avait gagné Manche-Atlantique en mars. »
Source: Velostory.net
Un grand merci à mes coéquipiers, notamment Cyril Bessy et Jean Marc Marino qui ont su se devouer pour moi dans la bonne échappée et à l'équipe qui travailait derrière pour nous
permettre d'aller au bout.
Classement:
1 GALLAND Jérémy FRA BESSON CHAUSSURES - SOJASUN les 180 km en 4h24'50"
2 LARPE Mickael FRA ROUBAIX LILLE METROPOLE
3 KADRI Blel FRA AG2R LA MONDIALE
4 JEGOU Lilian FRA BRETAGNE - SCHULLER
5 GÉRARD Arnaud FRA FRANÇAISE DES JEUX
6 GAUTIER Cyril FRA BBOX BOUYGUES TELECOM
7 NOCENTINI Rinaldo ITA AG2R LA MONDIALE à 33"
8 TAMAYO MARTINEZ Diego Alejandro COL CARMIOORO A-STYLE
9 VOGONDY Nicolas FRA AGRITUBEL
10 PAURIOL Remi FRA COFIDIS, LE CREDIT EN LIGNE